La Java martienne

Les Trois Horaces – La java martienne
(B. Vian/A. Goraguer)

En descendant de la fusée
Je t’ai trouvée presque aussitôt
Et je suis resté médusé
Tu m’avais pris comme au lasso
Je t’ai suivie sur la pelouse
Tes tentacules autour du cou
Et avec tes petites ventouses
Tu m’as fait des baisers partout
Les musiciens soufflaient sans trêve
Dans leurs bazouks et leurs strapons
Et cette musique de rêve
Me perforait jusqu’au trognon
J’évoquais des orgies superbes
Des bacchanales dans les canaux
Et pendant qu’on s’aimait sur l’herbe
Je fredonnais ces quelques mots

C’est la java martienne
La java des amoureux
En fermant mes persiennes, je revois tes trois
Grands yeux
Ça marse toujours, ça marse comme ça
Oui saturne à tour de bras
La java d’amour, martiale java
Que j’ai dansée dans tes bras
C’est la java martienne
La java des amoureux
Toutes tes mains dans les miennes je revois tes trois
Grands yeux

On s’est aimés comm’ dans un rêve
Mais hélas j’ai dû repartir
Et nos amours ont été brèves
Chérie je voudrais revenir
Ton nom me hantera sans cesse
Pendant les longues nuits d’été
Ton nom doux comme une caresse
Porfichtoumikdabicroûté
Un jour je monterai peut-être
Chercher le fruit de nos amours
Cet enfant bâti comme un hêtre
Qui naquit au bout de huit jours
En voyant amarsir son père
Le chéri l’aimera beaucoup
Et prendra pour courir lui dire
Ses treize jambes à ses deux cous

C’est la java martienne
La java des amoureux
En fermant mes persiennes, je revois tes trois
Grands yeux
Ça marse toujours, ça marse comme ça
Oui saturne à tour de bras
La java d’amour, martiale java
Que j’ai dansée dans tes bras
C’est la java martienne
La java des amoureux
Toutes tes mains dans les miennes je revois tes trois
Grands yeux

Pour retrouver mon rêve
Ma martienne aux trois yeux bleus
Allons-y, mars ou crève
Je remonterai-z-aux cieux

Source: VIAN, Boris. Chansons [Éd. G. Unglik]. Paris: Christian Bourgois Éditeur, 1994 [1984], p. 357-358. 

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