Le numéro 9 en tête de liste – Maurice « Rocket » Richard

Peu de sportifs auront eu un impact aussi important autant dans le sport que dans la société que Maurice « Rocket » Richard. Né à Montréal le 4 août 1921, la future vedette des Canadiens se voue d’abord à un avenir dans la mécanique avant de se joindre aux Maple Leafs de Verdun. Son talent naturel le fait remarquer et, en 1942, il signe son premier contrat pour jouer avec les Canadiens de Montréal, pour la coquette somme de 5 000 dollars. Son célèbre surnom de « Rocket » lui est attribué par Ray Getliffe, un joueur vétéran du CH. L’année suivante, aux côtés d’Elmer Lach et de Toe Blake – la Punch Line – il remporte sa première coupe Stanley en inscrivant le plus de buts en séries éliminatoires. L’année d’après, Richard entre dans la légende en inscrivant 50 buts en 50 matchs, du jamais vu! Ce record sera inégalé jusqu’à ce que Mike Bossy le réussisse à son tour… en 1981! Au cours des années 40 et 50, le Rocket devient rapidement l’un des meilleurs joueurs de la ligue nationale, aidant son équipe à remporter sept coupes Stanley. Intronisé au Temple Renommée en 1961, un an après sa retraite, il décède le 27 mai 2000.

 

Cependant, s’il est sans contredit un des meilleurs hockeyeurs de tous les temps, c’est sur la société québécoise qu’il aura un impact, et ce, bien malgré lui. En effet, le 13 mars 1955, lors d’une mêlée avec un joueur de Boston, le Rocket explose et frappe l’arbitre qui l’avait retenu. Clarence Campbell, le président de la LNH, le suspend pour le reste de la saison. Perçu comme une injustice par la majorité de la population canadienne-française, le geste enflamme les partisans des Canadiens de Montréal: s’il a été sévèrement puni, c’est que le président est Anglophone et que Maurice Richard, lui, est francophone. Il faut dire qu’à cette époque, la société québécoise est principalement sous le contrôle des Canadiens-Anglais, qui ne constituent qu’une infime partie de la population. Le 17 mars 1955, soit quatre jours après l’incident, Campbell se rend au Forum pour assister à un match entre les Canadiens et les Red Wings. Le tout dégénère rapidement, une bombe explose et les émeutes commencées au Forum se propagent dans les rues de la ville. Richard devra faire un appel au calme sur les ondes. Certains voient dans cet évènement le début de la Révolution tranquille, où la société québécoise a subi de profonds changements.

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Les émeutes du Forum cimenteront le statut de Maurice Richard comme légende montréalaise et québécoise. En 1955, deux chansons seront produites pour souligner le soutien populaire au hockeyeur. La première, d’Oscar Thiffault, reflète bien la musique folklorique québécoise, puisqu’on entend un violoneux jouer. Il mentionne l’incident, en ajoutant: On a été chanceux qu’il n’a pas été pendu! Peut-être une petite exagération de Thiffault, qui souligne au passage les prouesses du Rocket en tant que marqueur de buts. La deuxième, interprétée par Jeanne D’Arc Charlebois, emprunte plutôt aux rythmes des ballades irlandaises, et va même jusqu’à inclure de la turlutte (associée à La Bolduc). Dans cette goualante, Charlebois vante la popularité de Richard auprès des femmes, et met même en garde les joueurs des autres équipes!

Oscar Thiffault – Le Rocket Richard

Jeanne D’Arc Charlebois – Maurice Richard

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Né le 11 août 1938, Pierre Létourneau n’est qu’un enfant lorsqu’il voit les premiers exploits du Rocket sur la glace du Forum. En se souvenant des belles années de Maurice Richard, Létourneau lui compose une chanson éponyme en 1970, exprimant non seulement son admiration passée, mais aussi son ennui devant de parties de hockey sans lui. Il nomme au passage Bobby Orr, un défenseur étoile des Bruins de Boston, afin d’affirmer la supériorité du célèbre numéro 9 des Canadiens de Montréal… Chauvinisme, quand tu nous tiens.

Pierre Létourneau – Maurice Richard

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Plus près de nous, le rockeur québécois Éric Lapointe composera en 2002 la pièce Rocket (On est tous des Maurice Richard) pour Les Boys II, un film au sujet d’une équipe de hockey amateur. Il faut noter une allusion précise à Richard: « On a tous du Rocket dans le regard ». La première photo en mortaise sur cette page représente la fougue du joueur de hockey, et ses yeux sont une partie intégrante de sa légende. Un professeur de l’Université de Montréal, Benoît Melançon, ira jusqu’à dédier une monographie au hockeyeur, l’intitulant Les yeux de Maurice Richard.

Éric Lapointe – Rocket (On est tous des Maurice Richard)

Tout récemment, il fut question à Montréal de renommer la circonscription Ahuntsic en l’honneur du célèbre hockeyeur. La motion n’est pas passée, mais il existe tout de même dans ce quartier une murale célébrant les exploits de Maurice Richard. Après toutes ces années, le feu ardent du Rocket ne s’est toujours pas éteint au Québec.

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Paroles

Jeanne D’Arc Charlebois – Maurice Richard

Éric Lapointe – Rocket

Pierre Létourneau – Maurice Richard

Oscar Thiffault – Le Rocket Richard

Sources

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